Restaurant AU P'TIT BONHEUR 2 Le Rond Point 18410 CLEMONT Tél : 02 48 58 84 16 www.jourdinauptitbonheur.com jourdin64@gmail.com
Restaurant AU P'TIT BONHEUR2 Le Rond Point18410 CLEMONTTél : 02 48 58 84 16www.jourdinauptitbonheur.comjourdin64@gmail.com
TITITE
 
C'est grâce à l'aide précieuse de certaines personnes de Clémont et de Sainte-Montaine (avec leurs anecdotes et témoignages), ainsi que la présence de Mr et Mme Moïse PEPIN que nous avons essayé de réaliser cette page consacrée à celle qui a le plus marqué cet établissement qui est devenu avec le temps le P'tit Bonheur, il s'agit bien évidemment de TITITE, de son vrai nom Rolande Eugénie PEPIN épouse DESBARRES.
 
 
Un peu d'historique
Nous savons d'après des documents que les bâtiments appartenaient à la famille Daubry (Lucie et Louis, frère et soeur) en 1911 et étaient exploités avant cette date comme ferme bovine.
 
Au début 1900, cela s'appelait le "Pou Volant", car en face, à côté du garage actuel, dans le passage, se trouvait le chemin des bohémiens, endroit où les gens du voyage se regroupaient pour fabriquer leurs paniers pour les vendre dans la région.
 
Il y a eu Madame Fournier, puis Madame Louise Bernon qui ont tenu le "Pou Volant".
 
Puis il y aura eu un acte de vente entre Lucie Daubry et Mr et Mme Chapeau qui exploiteront le fonds de commerce.
 
Puis un autre acte de vente entre Mr et Mme Chapeau et Mr Eugène Agoyer.
 
Dès 1938, Titite exploite le "Pou Volant".
 
Ensuite en 1951, Henri Desbarres, marie de Titite, achète à Mr Agoyer, cultivateur et Madame Marie Juliette Turpin, son épouse.
 
Au décès de Mr Desbarres, Titite hérite et exploite jusqu'en 1985.
 
De 1985 à 1987, l'établissement reste inexploité du fait de la santé déclinante de Titite.
 
En 1987. Mr et Mme Bruneteau deviennent les propriétaires et exploitent l'établissement sous le nom du P'TIT BONHEUR jusqu'au 23 janvier 2001, date à laquelle nous en avons fait l'acquisition.
 
Madame Rolande Eugénie PEPIN dite TITITE
Rolande Eugénie PEPIN est née à Clémont, à la ferme de Malgarnie, le 7 février 1914, fille de Mr Victor Louis Pépin et d'Augustine Cartonnet.
 
Issue d'une famille de cinq enfant comprenant par ordre de naissance : Marie, Rolande, Henry, Moïse et Jeanne.
 
Elle s'est mariée en 1934 avec Monsieur Henry DESBARRES et durant 4 années environ exploiteront péniblement la ferme de Bussidan aux abords du château des Nérots sur la commune de Clémont.
 
De 1938 jusqu'en 1985, elle tiendra le "Pou Volant" et en fera sa renommée au delà du département.
 
Son surnom "TITITE" résultera de son expression favorite à l'encontre de ses clients : "Ben ma titite qu'es tu bois ?"
 
Elle décèdera le 1er décembre 1997 à 19h00 à la maison de retraite d'Argent sur Sauldre alors qu'elle prenait son repas.
Monsieur Henri DESBARRES
Henri DESBARRES est né à Clémont le 31 mai 1906. Il exploite avec sa femme la ferme de Bussidan, et ne s'en sortant pas correctement dû à son manque de courage pour le travail, il incite "TITITE" à reprendre le bistrot du "Pou Volant" alors qu'il travailler aux bezaux.
 
Prisonnier de guerre en 1940, déporté en Allemagne, c'est après son retour qu'en 1951, il devient en son nom propriétaire du "Pou Volant" (mûrs et fonds de commerce).
 
Seule, Titite dirigera d'une main de maître le bistrot alors qu lui entretiendra le jardin à la perfection et piégera les rats musqué pour revendre leur peau (photo ci-dessus)
 
Il a été conseiller municipal dans le village de Clémont. Il décèdera le 9 octobre 1978 à Argent sur Sauldre.
 
 
 

 Les us et coutumes de TITITE

 

Nous allons essayer à travers ce paragraphe vous faire partager une journée de la vie assez rocambolesque de TITITE, âme sensible d'abstenir.

 

Il faut vous replonger dans l'insoucianse des années 1970 en vous imaginant en plein milieu de la Sologne, dans un monde de paysans, situé au carrefour de 4 routes où trône comme un roi le maire Roger Jamain et son entreprise d'aliments à bestiaux.

 

Alors que le soleil pointe, notre TITITE nationale, après avoir nourrit ses lapins dans le fond de sa cour, va réveiller le braconnier Pointeau surnommé « Lapin » qu’elle avait laissé cuver son vin dans sa grange. C’est à ces heures matinales que Marceline Baret, vieille fille de son état, vient rejoindre Titite pour lui préparer la cuisine. Ni une, ni deux, avant que les ouvriers de Jamain n’arrivent, Rolande chevauche sa mobylette bleue pour aller faire ses courses dans le village et prendre son tabac chez sa collègue Jeanine Alberti.

 

De retour dans son établissement, passant dans son logement, elle range le tabac dans sa baignoire. Alors que des gars comme Pitou, Dédé Malapert et Roger Landry arrivent pour le café, Titite repasse derrière son petit comptoir pour les servir. C’est alors que survient avec un habitué un commercial tout en costume et cravate. De son franc parlé, Titite l’interpelle par une de ses phrases favorites : « Ben qui qu’cet ce grand couillon qu’tu m’amènes ? Accompagnant la parole d’un geste osé allant jusqu’à lui soupeser fermement le costume trois pièces. Sa journée continuait inlassablement à servir les clients 365 jours par an en compagnie de son chien Ripon, pendant que son mari Henri faisait le jardin.

 

Toujours prête à s’amuser, Titite ne perdait pas une occasion pour mettre des œufs frais dans les paletots des clients et alors qu’ils allaient s’en aller, faisait en sorte de taper sur les poches et les éclater.

 

Elle avait aussi l’habitude de vous servir ce qu’elle voulait et non ce que vous vous désiriez.

 

Si lors de votre passage, vous vous trouviez dans son bar et que le braconnier Lapin y était, votre tournée était indubitablement augmentée pour lui payer son verre sans que vous ne l’ayez invité.

 

L’une de ses grandes fiertés, fut certainement l’amitié que le chanteur Joe Dassin lui accordait lors de ses passages en Sologne accompagné de son ami Willy Damier. De source sûre (raconté par son frère Moïse), Roger Jamin et Joe Dassin avaient envisagé conjointement de l’emmener, elle, Titite, faire un voyage en Amérique. Ce fut sur les conseils de son frère et de sa belle-sœur qu’elle refusa ce voyage.

 

Ce ne fut pas le décès de son mari mais ceux de Joe Dassin et de Roger Jamin qui l’a marqueront le plus. C’est à ce moment-là qu’un pan de sa vie s’écroula et qu’elle sentit son temps révolu.

Des années 1950 aux années 1980, l’innocence de l’après-guerre offrit ces jours de gloire à tous les villages de France. Clémont en faisait parti :

  • Visite régulière de Joe Dassin de façon amicale
  • Le tour de France y passa 2 fois
  • Une course cycliste se déoulait au rond point tous les ans pour le 14 juillet de 1955 à 1958, accompagné de son bal parquet ambulant
  • Présence du boxeur Laurent Dotheville
  • Le passage de Charles Rigoulot (l’homme le plus fort du monde)

 

 

 Remerciements

 

Nous tenons à remercier toutes les personnes qui nous ont permis de remonter le temps à la rencontre de Titite à savoir  (pour connaître le nom de la personne en photo, pointez la souris dessus):

Article paru dans La Nouvelle République